Nota. : les numéros font référence aux cartes réalisées par Larache en Action.
Durée : 1h30 à 2h (comptez davantage si vous entrez dans certains monuments)
Période idéale : le matin ou la fin d’après-midi, pour profiter de la lumière dorée
Équipement : chaussures confortables, chapeau, bouteille d’eau
Bonus : Terminez la balade par un thé à la menthe sur les hauteurs de l’esplanade Puente, avec vue sur l’océan et la médina
Nichée au sommet de la ville, la Casbah de Larache concentre l’âme la plus ancienne de la cité. Entre ruelles blanches, murailles séculaires et demeures spirituelles, cette promenade vous entraîne dans un voyage à travers cinq siècles d’histoire, des origines médiévales aux échos de la période espagnole.
Ce parcours a été élaboré par nos spécialistes Larachois d’origine, qui connaissent les recoins et les secrets de la ville.
Comptez 1h30 à 2h pour effectuer le parcours tranquillement, avec des pauses pour admirer la vue, écouter les appels à la prière ou discuter avec les habitants.
Votre découverte commence par la Porte de la Casbah, monumentale entrée voûtée datant du XVe siècle. Elle marquait jadis la frontière entre la médina basse et la ville fortifiée. Ses pierres patinées par le sel et le vent rappellent la puissance défensive de l’ancienne Larache.
Conseil : Arrivez le matin, quand la lumière adoucit les façades et que les ruelles s’éveillent.
En entrant, sur votre gauche, se dresse l’ancien Hôtel de la Monnaie, un bâtiment du XVIIIe siècle où l’on frappait jadis les pièces d’argent et d’or destinées au commerce maritime.
Sa façade sobre témoigne d’un passé administratif et économique prospère, lié aux échanges entre le Maroc et l’Europe.
Poursuivez la marche à travers un entrelacs de ruelles bordées de maisons blanchies à la chaux, parfois ornées de portes bleues.
Une maison traditionnelle du XIXe siècle, illustre le mode de vie des familles larachois : patio central, zelliges colorés, plafonds en bois de cèdre et une fontaine murmurante au milieu de la cour.
À côté d’une maison traditionnelle, vous atteignez la Zaouia Al Harrakia, un lieu spirituel fondé au XIXe siècle.
Les zaouïas sont des écoles religieuses et confréries soufies, où la prière et la musique mystique rythment encore la vie spirituelle de la médina.
L’architecture mêle éléments andalous et marocains, avec des arcs outrepassés et des inscriptions coraniques finement ciselées.
En longeant la ruelle principale, vous passez devant les anciens magasins du XVIIe siècle. Ces entrepôts servaient au stockage des denrées maritimes — épices, huiles, poissons salés — qui faisaient la fortune du port.
Non loin, les anciens bâtiments du camp de la garnison rappellent la présence militaire du XIXe siècle. Il a été restauré à l’époque du protectorat espagnol selon le style hispano-mauresque.
Ces structures austères, souvent en pierre brute, évoquent les périodes d’occupation et de défense successives de Larache.
Vous débouchez ensuite sur la Place Al Anouar, un vaste espace baigné de lumière, dominé par la mosquée Al Anouar.
C’est un lieu de rencontre et de vie quotidienne, où se croisent enfants, commerçants et fidèles.
Conseil : prenez un moment pour observer le minaret octogonal, exception de l’architecture marocaine.
À quelques pas, le Mausolée de Sidi Abdelkrim rend hommage à un saint vénéré localement. Il se distingue par sa grande coupole ornée, de l’intérieur, par des formes géométriques.
Son tombeau, couvert d’un tissu vert, attire de nombreux visiteurs en quête de bénédiction.
L’endroit respire la piété populaire et la sérénité.
En suivant le sentier, à votre droite, vous atteignez les vestiges de la muraille qui ceinturait autrefois toute la Casbah.
Ces pierres du XVe siècle, marquées par le temps, offrent de superbes points de vue sur la médina et l’estuaire du Loukkos.
En suivant la petite ruelle, vous atteignez la Zaouia Tijania. Fondée au XIXe siècle, cette Zaouia est un haut lieu du soufisme marocain.
L’ordre Tijani, né à Fès, s’est diffusé partout dans le monde musulman. À Larache, ce lieu spirituel témoigne de la vitalité religieuse et intellectuelle de la ville.
Deux petites portes secrètes ponctuent la muraille :
Ces accès mystérieux ajoutent une touche de légende et de mystère au parcours.
En redescendant vers la mosquée Al Anouar, vous franchissez la Porte Al Anouar pour rejoindre la Place Dar El Makhzen, centre politique et symbolique de la Casbah.
C’est ici que se tenait autrefois le pouvoir administratif de la ville.
Le Dar El Makhzen, ancien palais du commandement espagnol, illustre l’évolution architecturale de Larache du XVe au XXe siècle.
Connu aujourd’hui sous le nom de Comandancia, sa cour, ses arcades et ses grandes salles rappellent l’époque où la Casbah servait de siège de gouvernance.
Dominant la mer, le Borj Al Yahoudi — ou Tour du Juif — servait de poste de guet au XVe siècle.
Il doit son nom à une légende locale selon laquelle un marchand juif y aurait trouvé refuge pendant une invasion.
Le panorama y est spectaculaire, embrassant la côte atlantique et l’embouchure du Loukkos.
Le parcours s’achève en beauté au Château fort de la Victoire, plus connu sous le nom de Tour des Cigognes, en raison des nombreux nids qui en ornent le sommet.
Ce bastion du XVIe siècle, bâti par le sultan saâdien Ahmed Al Mansour le Doré, puis repris par les Espagnols au XVIIe siècle, offrait une vue stratégique sur la mer.
Aujourd’hui, c’est un lieu de contemplation, où l’on se laisse bercer par le vent et le cri des oiseaux.