Les marais salants de Larache, un trésor naturel à redécouvrir

Les marais salants de Larache, un trésor naturel à redécouvrir Nichés dans la magnifique basse plaine de l’oued Loukkos, juste à côté de l’ancienne cité antique de Lixus, les marais salants de Larache sont bien plus qu’un simple lieu d’extraction du sel : ils sont un carrefour d’histoire, de techniques traditionnelles, de biodiversité exceptionnelle — et aujourd’hui un symbole d’espoir pour la biodiversité. Un héritage ancien et méconnu La saliculture est une activité millénaire pratiquée dans de nombreuses régions du monde : elle consiste à produire du sel marin en utilisant uniquement la force du soleil, du vent et des bassins aménagés pour concentrer l’eau de mer jusqu’à cristallisation. À Larache, ces marais salants occupent une place historique unique, au pied du site antique de Lixus — l’une des plus anciennes cités nord-africaines, fondée par les Phéniciens avant l’époque carthaginoise. Techniques traditionnelles de récolte du sel La production de sel à Larache repose sur une méthode ancestrale : L’eau de mer est orientée par des canaux vers des bassins successifs, où elle s’évapore progressivement grâce à l’action conjointe du soleil et du vent. Lorsque la salinité atteint environ 25 % dans les derniers bassins, la cristallisation du sel commence. Le saunier recueille alors le sel à la main, en raclant la surface des bassins et en séparant sel et argile pour obtenir un produit brut. Ce processus artisanal rend le sel de Larache non seulement un produit de terroir, mais aussi un témoin vivant des savoir-faire traditionnels. Un refuge vital pour la biodiversité Loin d’être de simples bassins d’exploitation, ces salines forment un écosystème unique et irremplaçable, particulièrement important pour les oiseaux migrateurs. Les marais salants de Larache sont un point stratégique de halte migratoire pour des centaines de milliers d’oiseaux qui parcourent chaque année la côte atlantique. Parmi eux, on observe des espèces rares ou menacées au niveau mondial, comme le Goéland d’Audouin ou la Spatule blanche. Ce site fait partie intégrante du complexe humide du bas Loukkos, reconnu pour sa valeur écologique et inscrit au réseau international Ramsar des zones humides d’importance mondiale. Déclin, abandon… et perspectives d’avenir Comme beaucoup de marais salants traditionnels à travers le monde, ceux de Larache ont subi un fort déclin à partir des années 1990, avec l’arrêt de l’exploitation industrielle. Pendant près de dix ans, ces bassins ont été laissés à l’abandon, entrainant une perte significative d’oiseaux migrateurs et de valeur écologique. L’espoir n’est pour autant pas perdu… Réhabilitation et nouvelles perspectives Après des siècles d’activité, les marais salants de Larache ont connu une dégradation progressive, liée à l’arrêt partiel de l’exploitation, au vieillissement des savoir-faire et au manque de moyens techniques et financiers pour entretenir durablement les infrastructures. Malgré des efforts de restauration engagés grâce à des financements croisés associant acteurs publics, associatifs et partenaires internationaux, l’activité reste aujourd’hui fragile et irrégulière. Les principaux risques identifiés concernent l’érosion des digues, la gestion hydraulique, la transmission des compétences et la viabilité économique à long terme. Pourtant, l’espoir demeure : à l’automne 2025, une équipe d’experts internationaux s’est rendue sur le site afin d’évaluer son potentiel et d’envisager une étude globale de réhabilitation, aux côtés d’experts locaux. Cette démarche ouvre la voie à un projet structurant, conciliant préservation de la biodiversité, relance d’une activité traditionnelle et développement local durable. Pourquoi visiter les marais salants de Larache ? Pour marcher dans les pas des anciens sauniers et découvrir une méthode traditionnelle de récolte du sel Pour observer des oiseaux migrateurs spectaculaires dans leur habitat naturel Pour soutenir une initiative durable qui combine patrimoine, nature et économie locale Pour enrichir votre expérience de Larache, ville culturelle et historique du nord-ouest du Maroc À retenir Un patrimoine naturel et historique unique Une biodiversité riche, essentielle pour les oiseaux migrateurs Une technique artisanale de production de sel à découvrir Un projet de réhabilitation durable plein d’espoir À lire aussi À venir À venir À venir

Le thon, poisson emblématique de Larache : entre Atlantique, histoire et mythologie

Le thon, poisson emblématique de Larache : entre Atlantique, histoire et mythologie À Larache, le thon n’est pas un poisson comme les autres : il raconte à lui seul l’histoire de la ville. Voyageur de l’Atlantique, célébré depuis l’époque ancienne à Lixus, il relie la mer, la mémoire et le festin. Entre tradition, mythologie et gastronomie, le thon de Larache incarne toute la richesse du patrimoine maritime local. Un poisson voyageur de l’Atlantique De la mer à la table, le thon occupe une place de choix dans l’identité de Larache. Poisson puissant, voyageur et mythique, il relie la ville à son histoire la plus ancienne — celle du site antique de Lixus, où l’on maîtrisaient déjà au Ve siècle l’art de la salaison. Aujourd’hui encore, il symbolise la richesse de l’Atlantique et l’âme maritime de la région. Chaque année, les thons migrent en bancs compacts le long des côtes atlantiques marocaines, traversant le détroit de Gibraltar pour rejoindre la Méditerranée. Larache, avec son port ouvert sur l’Atlantique, se trouve sur leur route naturelle de passage. Depuis toujours, les pêcheurs de la région guettent ce rendez-vous saisonnier, entre savoir-faire ancestral et respect du cycle de la mer. Le thon dans l’histoire antique de Lixus Bien avant l’essor du port moderne, les Anciens avaient fait de Lixus, la cité antique voisine de Larache, un haut lieu de la transformation du poisson. Des bassins de salaison de l’époque romaine, encore visibles sur le site archéologique, témoignent d’une industrie florissante du garum, célèbre condiment à base de thon fermenté. Ce commerce faisait la renommée de la région sur tout le pourtour méditerranéen. Ainsi, dès l’Antiquité, le thon de Larache était déjà un produit d’exportation, symbole de prospérité et de savoir-faire maritime. Le thon dans la mythologie et la symbolique de la mer Dans la mythologie locale, Lixus serait l’un des lieux où Hercule aurait accompli l’un de ses douze travaux : la cueillette des pommes d’or du jardin des Hespérides. Le thon, poisson solaire et puissant, est souvent associé à la force, à la fécondité et à la traversée des mondes — autant de symboles que la mer de Larache continue de porter dans son imaginaire collectif. Les habitants aiment raconter que ces eaux, riches en vie, sont habitées par les mêmes esprits qui guidaient les navigateurs d’autrefois. Un héritage toujours vivant Aujourd’hui encore, le thon reste un produit phare de la pêche larachoise. On le retrouve sur les étals du marché central, grillé dans les petits restaurants du port ou préparé en tajine dans les foyers. Chaque morceau raconte une histoire : celle d’une mer généreuse et d’un peuple tourné vers l’océan. Le savoir-faire des pêcheurs de Larache, transmis de génération en génération, perpétue ce lien entre mémoire, tradition et modernité. Un symbole identitaire de la ville Plus qu’un poisson, parmi une pêche diversifiée, le thon reste un emblème identitaire de Larache. Il incarne à la fois la puissance de l’océan Atlantique, la continuité de l’histoire de Lixus et la vitalité de la vie portuaire actuelle. Pour les visiteurs, c’est aussi une manière de découvrir la ville autrement — à travers ses saveurs, ses récits et son rapport éternel à la mer. Goûter au thon de Larache, c’est savourer un fragment d’histoire, entre la mémoire antique et un souffle de l’océan. À voir et à goûter Le port de Larache (à proximité) : pour y manger du poisson frais, observer les bateaux de pêche partir et revenir à quai. Le marché central : pour découvrir les produits de la mer fraîchement débarchargés. Les ruines de Lixus : pour comprendre les origines antiques de la pêche au thon. Les restaurants du bord de mer : pour savourer un thon grillé aux herbes, au citron et au cumin, dans la plus pure tradition locale. À lire aussi À venir À venir À venir